10 février 2006
5- Tirili - Konomani - Igilina -Duru




A 1 ou 2 kilometres en face de la falaise, les dunes. Devant Tirili, un bivouac dans le sable, près des huttes de palmes des pasteurs Peuls, nomade de la brousse, locataires des troupeaux dogons. Prise de contact avec le cram cram, "céréale à faible rendement nutritif" qui y pousse et se remarque surtout par ses têtes chercheuses en forme de petits chardons bourrées d'épines fines qui folatrent sur nos duvets et nos vetements. La joie du vent dans les dunes, une nuit où les étoiles sont plus discrètes car la lune est réveillée. Je dors dehors, emmitouflé dans un lungi indien providentiel qui fait office de shech touareg pour me protéger des grains de sable nomades. Amon le guide estime que ce n'est pas la saison des ballades de scorpions, tant mieux ;-)) La nuit est aussi remplie de chants secrets. Là bas au village, des cérémonies se tiennent, mais difficile d'en savoir plus, on quitterait le tourisme pour l'intimité des masques et de l'animisme.
Petit dej aux beignets délicieux, et on reprend le pas de l'Afrique, lent et constant, vers les villages toujours camouflés dans la roche, et on fait doucement défiler sous nos pas les champs d'oignons, les greniers étroits chapeautés de paille, les cases à palabre écrasées par un mille feuilles de tiges de mil, le rythme technoide du pilonnage des grains et la litanie des saluts compliqués sur la piste. Sans oublier les enfants qui pullulent, adorables et collants avec leurs automatismes de bic cadeau bonbon toubab, mais si enfantins aussi lorsqu'ils naviguent entre les rocailles des ruelles en nous tenant la main.