09 février 2006
3- Descente de la falaise: Sanga -Banami - Irili



Le réveil est magique sur la terrasse, avec les chants de la basse cour, l'immensité du plateau parcourue des villageois de Sanga qui partent aux champs ou chercher l'eau.
Le petit dej est expérimental, avec des produits afro occidentalisé, comme le miel de brousse dans une bouteille d'huile de vidange, l'imitation nutella ou la margarine tiède ;-)) Nous visitons le village du haut, avec son autel Binou (dieu d'eau), la case du Hogon (le chef spirituel), l'avenue des baobabs, les devins du dimanche allangi sur la table divinatoire dessinée dans le sable.
Puis les champs d'oignons magnifiques, les femmes au jardinage, leurs fillettes trottant à nos cotés et portant leur petit frères sur le dos à l'africaine. Les gosses nous prennent la main, le vent est lumineux et paisible et c'est le petit bonheur. Descente le long de l'impressionnante falaise, premier saisissement avec une vue a pic sur les villages, qui se dissimulent à l'appareil photo en se fondant dans la roche et ses couleurs. Sur ce sentier de rochers qui rappelle le maquis corse, des lieux sacrés blanchis de sacrifice. Et l'arrivée sur un village fantôme encastré dans la falaise, celui de la mesa de Blueberry dans La mine d'or de l'allemand perdu. Atmosphère perdue, maisons troglodytes des Tellems (prédédesseurs des Dogons avant le XIII° siecle) inaccessibles perchés dans les hauteurs, devenus caveaux suspendus de longues lignées, gardés par d'enormes chauve-souris.
Dans le village du bas, habité, les grenier ont des toits de paille coniques et cachent leur porte minuscule, les gamins quémandent des cadeaux improbables avec naturel et applomb. Sieste. Sur le chemin qui nous fait laisser cet étrange Banami dans l'après midi, un groupe d'écolières nous rejoint et veut nous épouser, surtout Philippe ;-)).
Nous rejoignons un joli hameau pour la nuit, dinons au milieu des poule et nous couchons à leur heure, sur un terrasson vigie de la brousse, avant poste sur la mer d'étoiles.