07 février 2006

 

2- Djenne - Sanga





Réveil dans une petite chambre proprette, lit à baldaquin et moustiquaire. Pain béni du petit déjeuner, rare héritage bienvenu de la présence française.
Visite de Djenne au matin, après un bel instant sur le toit de l'auberge. Vue sur les petits champs qui mordent les bords du lac, derrière le labyrinthe de cases et maisons éperonnées de diverses façons selon le sexe et le nombre d'enfants qui l'habitent. Splendide mosquée en banco (mélange d'argile, de sable, de torchis de tige de fenio (céréale locale) et de bouse de vache). Rien n'est vieux, tant les murs sont faits et refaits pour lutter contre les pluies et l'érosion, mais tout parait immémorial ici. Forgerons, marché, dédales de ruelles, no man's land, et soleil qui tourne chaud.

Route jusqu'à Sevare (retour au point de départ). On insiste pour vivre un peu à l'écart des petits hangars à blanc proprets. Oui, on aime bien la vraie vie en plein air et l'Afrique des africains. Le guide sourit et s'arrange. Pique nique de corned beef (!), quête de Savarine, et en route pour le coeur du mythique pays Dogon. Le plateau de rochers de Bandiagara s'étend droit devant, rien pour limiter le regard ici. Promenade au couchant sur les rocailles en espaliers. L'herbe est jaune citron, la pierre dans un violet foncé, et les enfants du coin nous suivent en buissonnant aprè l'école. L'un m'offre un coloriagze de masques.
Sentiment de béatitude dans cette immensité, chaleur du bivouac, fraicheur du vent, sensations brutes. Sur le toit en terrasse, conjurations béates encore dans la nuit étalée là, sous l'assemblée d'étoiles, témoins presque intimidants de ces retrouvailles. On se lève avec plaisir pour pisser et on revient s'étirer et faire claquer gentiment le duvet sous le vent, qui se nomme ici Harmattan.

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